Cette sélection met en lumière les contributions les plus marquantes de nos membres, reflétant la vitalité de l’archéologie expérimentale en Suisse. À travers nos publications, notamment celles de notre bulletin annuel, nous documentons et faisons progresser les connaissances sur les techniques et les modes de vie du passé, avec une rigueur et une pertinence scientifique qui nous animent. Découvrez ici un aperçu des travaux qui définissent l’excellence de notre discipline dans le paysage archéologique suisse.

Notre sélection éditoriale : critères et objectifs

Nous sélectionnons les articles pour leur rigueur scientifique, leur innovation méthodologique et leur contribution au débat sur le patrimoine suisse. La priorité est donnée aux études publiées dans l’Anzeiger de l’AEAS. Cette publication phare, intitulée Anzeiger der Schweizerischen Gesellschaft für Experimentelle Archäologie, constitue notre principal canal de diffusion scientifique. Notre objectif est double : valider et promouvoir des recherches qui répondent aux standards académiques les plus élevés, tout en assurant leur accessibilité pour les professionnels des musées et du patrimoine.

La rigueur scientifique avant tout

Chaque proposition est évaluée sur sa méthodologie, la reproductibilité des protocoles expérimentaux et la solidité de ses références bibliographiques. Nous collaborons étroitement avec des institutions comme le Musée national suisse de Zurich et la Fondation Suisse pour la Recherche en Archéologie Expérimentale (FSRAE) pour garantir cette exigence. La transparence des données et l’honnêteté dans l’interprétation des résultats, y compris les échecs, sont des piliers non négociables de notre ligne éditoriale.

Valoriser les méthodologies innovantes

Nous accordons une importance particulière aux approches qui renouvellent les questionnements ou qui appliquent des technologies modernes à des problématiques anciennes. Que ce soit par l’analyse 3D des traces d’usure, la datation précise de processus de combustion ou la modélisation de gestes techniques, ces innovations méthodologiques enrichissent considérablement le champ de l’archéologie expérimentale et son dialogue avec d’autres disciplines scientifiques.

Focus sur une étude récente : la métallurgie du bronze

Nous présentons une étude phare sur les techniques de fonte du bronze à l’âge du Bronze en Suisse, menée en collaboration avec le Laténium, parc et musée d’archéologie de Neuchâtel. Cette recherche, publiée dans notre Anzeiger, visait à reconstituer le processus complet, de la préparation du moule en terre à la coulée du métal, en se basant sur des découvertes archéologiques régionales.

Contexte de la recherche au Laténium

Le Laténium, en tant que plus grand musée d’archéologie de Suisse, dispose à la fois de collections de référence et d’un espace dédié à l’expérimentation en plein air. C’est dans ce cadre privilégié que nos membres ont pu mener des campagnes de fonte en respectant les contraintes techniques et environnementales supposées de l’époque. L’étude s’est appuyée sur des analyses préalables de scories et de fragments de moules provenant de sites du Plateau suisse.

Apports de l’expérimentation pour l’interprétation

Les essais pratiques ont permis de quantifier des paramètres-clés comme la quantité de combustible nécessaire, la température atteignable dans un four reconstitué ou la gestion des défauts de coulée. Ces données concrètes offrent aux archéologues une grille de lecture nouvelle pour interpréter les vestiges de fonderie, transformant des artefacts énigmatiques en indices d’un processus technique maîtrisé.

Archéologie textile : redécouvrir les savoir-faire

Nos membres explorent les techniques de tissage et de teinture à l’époque romaine et médiévale, utilisant des fibres locales comme celles de l’ortie. Ces travaux, souvent menés en partenariat avec des musées, visent à comprendre l’économie des matières premières, l’investissement en temps et la variété des finitions possibles des tissus anciens.

De la fibre au tissu : un processus complexe

La chaîne opératoire du textile est longue et exigeante. Nos expérimentations couvrent chaque étape :

  • La récolte et le rouissage des fibres (lin, ortie, laine).
  • Le filage avec des fuseaux et des fusaïoles reproduits à l’identique.
  • Le tissage sur des métiers verticaux ou à poids, reconstruits d’après les découvertes.

Ces expériences révèlent le haut niveau de savoir-faire et la spécialisation potentielle des artisans du passé.

Les défis de la teinture végétale en contexte alpin

Obtenir des couleurs stables avec des plantes disponibles localement (garance, gaude, pastel) représente un défi expérimental de taille. Les résultats varient considérablement selon le mordançage utilisé (alun, oxyde ferrique), la saison de la récolte ou la minéralité de l’eau. Ces recherches contribuent à une interprétation plus nuancée des traces de colorants retrouvées dans les sites archéologiques suisses.

L’expérimentation au service des sites archéologiques suisses

Nous détaillons comment nos travaux aident à interpréter des sites majeurs comme les palafittes du lac de Bienne, inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO. L’archéologie expérimentale fournit ici des clés concrètes pour comprendre la vie quotidienne dans ces habitats si particuliers.

Cas d’étude : les habitats lacustres

Les sites palafittiques préhistoriques autour des Alpes offrent un terrain d’étude exceptionnel grâce à la conservation des matériaux organiques. Nos expériences ont porté sur la construction des pilotis, l’efficacité des outils en bois de cerf pour le travail du bois, ou encore les méthodes de conservation des aliments. Chaque protocole vise à tester des hypothèses nées directement de l’observation des fouilles.

Restitution et médiation pour le public

Au-delà de la recherche pure, nos reconstitutions de techniques ou d’objets (par exemple, une pirogue monoxyle) servent de support puissant pour la médiation culturelle. Elles permettent aux visiteurs des musées et des sites archéologiques de saisir de manière tangible le lien entre un vestige et son usage originel, renforçant ainsi la valorisation de ce patrimoine universel.

La place de l’Anzeiger dans le paysage scientifique

Notre bulletin annuel, l’Anzeiger, est une publication de référence qui diffuse les résultats de l’archéologie expérimentale suisse auprès de la communauté académique et des musées partenaires. Il constitue un pont essentiel entre la pratique expérimentale sur le terrain et la publication académique formelle.

Une revue pour fédérer la recherche

L’Anzeiger rassemble les contributions de chercheurs universitaires, de conservateurs de musée, d’archéologues cantonaux et de spécialistes indépendants. Cette diversité de profils assure une richesse de perspectives unique et encourage les collaborations interinstitutionnelles sur tout le territoire suisse.

Accès et consultation des anciens numéros

Nous veillons à la pérennité et à l’accessibilité de nos publications. Les anciens numéros de l’Anzeiger sont progressivement numérisés et mis à disposition de la communauté. Un tableau récapitulatif des volumes les plus demandés est disponible ci-dessous :

VolumeThème principalAnnée de parution
Anzeiger 2023Techniques de construction néolithiques2024
Anzeiger 2021Expérimentations céramiques2022
Anzeiger 2019Métallurgie du fer et du bronze2020

Contribuer et soumettre un article

Nous encourageons les chercheurs et professionnels actifs en Suisse à soumettre leurs travaux pour publication. Nos lignes directrices garantissent la qualité des parutions et un processus d’évaluation transparent et constructif.

Procédure de soumission

Les propositions d’article doivent être envoyées par email au comité de rédaction. Le manuscrit doit respecter notre template et inclure un résumé en français et en allemand ou anglais, ainsi que toutes les illustrations en haute définition avec leurs légendes. Les auteurs s’engagent à présenter leur protocole expérimental avec suffisamment de détails pour permettre sa reproductibilité.

Calendrier éditorial et comité de lecture

La date limite de soumission pour le prochain numéro est fixée au 30 novembre de chaque année. Chaque article est soumis à une double relecture anonyme par des membres de notre comité scientifique et des experts externes. Le processus, de la soumission à la publication, prend généralement entre six et huit mois.

Foire aux questions

Qui peut soumettre un article à l’Anzeiger de l’AEAS ?

La soumission est ouverte à tous les chercheurs, professionnels de l’archéologie et étudiants avancés menant des travaux d’archéologie expérimentale en lien avec la Suisse. L’adhésion à l’AEAS n’est pas obligatoire pour soumettre, mais elle est encouragée.

Les articles sont-ils publiés en libre accès ?

Oui. L’AEAS s’engage pour le libre accès à la connaissance scientifique. Les numéros de l’Anzeiger sont disponibles en format PDF sur notre site web après un délai d’un an suivant leur parution papier. Les membres actifs reçoivent la version papier annuelle.

Comment l’AEAS collabore-t-elle avec les musées suisses ?

Nous entretenons des partenariats étroits avec de nombreuses institutions, comme le Laténium, le Musée national suisse ou les musées cantonaux. Ces collaborations prennent la forme de projets de recherche communs, de prêts de matériel pour l’expérimentation ou de contributions d’experts muséaux à notre comité de lecture.

L’archéologie expérimentale est-elle reconnue par les institutions académiques suisses ?

Absolument. La discipline est de plus en plus intégrée dans les cursus universitaires et les projets de recherche financés par le FNS. Notre association et la Fondation Suisse pour la Recherche en Archéologie Expérimentale (FSRAE) œuvrent continuellement à cette reconnaissance par la rigueur et la qualité des travaux produits.

Ces articles incarnent notre engagement pour une archéologie expérimentale rigoureuse, ancrée dans le contexte suisse et ouverte au partage des connaissances. À travers nos publications et nos collaborations, nous continuons à construire un pont essentiel entre le patrimoine archéologique et sa compréhension contemporaine, pour les chercheurs comme pour le public.